5 commentaires jeudi 4 décembre 2008

Ma chère,

Ce soir on m'a dit : « Toi, t'es un intellectuel. »

Va savoir pourquoi, dans le contexte, c'était loin d'être une injure, mais tout de même le pire coup de poignard qu'on m'ait porté depuis longtemps.

Allez, je t'embrasse rationnellement.

0 commentaires mardi 25 novembre 2008

Ma chère,

Fait toujours chier d’écrire au je, tu trouves pas? Pas moyen de faire autrement à une époque où s’effacer dans le nous n’a aucune valeur de conjugaison, et pas moyen de le dire sans tomber dans le cliché. Individuelle mais collective, sexuée mais impuissante, notre époque est tout ça à la fois et rien du tout, et fait j’en ai aucune foutue idée, disons-le franchement, parce que tout ce que je cherche présentement à faire c’est d’écrire, écrire sans y penser pour une fois, écrire sans effets de style sauf ceux, évidemment, qui sont le fruit de réflexes longuement travaillés au cours des années où je me suis pris d’affection pour les adverbes, les nuances, les phrases longues qu’on ne veut pas arrêter de peur de perdre le fil (le sien, mais pas de celui ou celle qui lit). J’aime ma langue, mais j’ai la langue à terre, la précision comme un carcan, il me manque le brut de la brute, la liberté du sans-génie. La vérité, à force de vouloir la cerner, se terre et angoisse, disparaît sous le vernis; la vérité est un astre de l’Univers primitif dont l’onde s’est décalée. Je veux, que dis-je exige du rouge sexe, du jaune décapant, du bleu glacial primal avant le gris rigoureux des jours râpeux.

Allez, je t’embrasse sans demander.

0 commentaires mercredi 12 novembre 2008

Ma chère,

Un jour, je ne serai plus hors de moi.

Ce sera extra de pouvoir enfin gueuler à mon aise.

Allez, je t’embrasse.

0 commentaires mardi 11 novembre 2008

Ma chère,

Comment va la vie? Je sais, c’est trivial tu me diras, on nous a suffisamment martelé que le « Comment ça va » n’avait qu’une fonction phatique, façon savante de dire que la question ne sert qu’à établir la communication et qu’en vérité on ne nous le dit pas, on s’en fout de la réponse, mais à un point!

Eh bien, ils ont tout faux!

Parce que la vie hein, elle peut aller dans cette direction, dans l’autre, nulle part et partout, et quand la vie va, ça va ou ça ne va pas. Et moi, j’ai toujours eu l’envie irrépressible de me plaindre chaque fois qu’on me pose la question, question de faire regretter à mon interlocuteur de s’intéresser à ce qui se passe dans ma vie.

On n’a jamais suffisamment de gens autour de soi pour geindre ou gémir.

Allez, je t’embrasse.

2 commentaires lundi 10 novembre 2008

Ma chère,

On vit à une époque où il faut assurément de l’esprit. Tiens, en ce moment même (mais même pas au moment où tu liras ça hein, le présent de narration, ça vaudra jamais la messagerie instantanée, moi je dis), en ce moment même dis-je sans le dire, je me creuse ce qu’il me reste d’intelligence pour glisser, au milieu d’une phrase qui est décidément déjà trop longue pour garder ton attention et à la suite d’un complément circonstanciel de temps dont la longueur risque sans aucun doute de t’avoir fait perdre le fil, le détail qui tue, le jeu de mots spirituel, l’insinuation lubrique qui, elle, renouvèlera ton attention, me fera passer pour brillant, mais ennuyeux, et te laissera suffisamment de temps pour faire une pause pipi, intermède interactif de la phrase, au cours de laquelle tu pourras maudire les gens qui enchaînent les propositions relatives aux maîtresses circonstancielles, sans pour autant que tu manques quoi que ce soit de pertinent parce que, disons-le franchement, il faut vraiment n’avoir rien à dire et vouloir glisser incognito une vulgarité, que les fesses des nanas sont un pied de nez à la bienséance par exemple, pour réussir à faire une phrase de 190 mots déjà sans qu’Antidote ait quoi que ce soit à redire, sinon que tu es sans conteste passablement essoufflée et convaincue que je n’ai pas d’esprit, mais bien la volonté d’impressionner la galerie, galerie vide de surcroît.

Ah ça oui, il faut de l’esprit, mais de l’esprit d’entreprise car, dans le bas monde, qui branle dans le manche se branle.

Je suis le nouveau Proust à la sauce La Rochefoucauld. J’aurais voulu être un exercice de style.

Allez, je t’embrasse longuement. J’ai encore du soufre si t’as encore du souffle.

2 commentaires mercredi 5 novembre 2008

Ma chère,

Je dois me rendre à l’évidence, y’a pas que les nanas dans la vie même s’il y a de la vie dans la nana. Et pour une des rares fois, je n’oserai pas faire de jeux de mots nases avec vit dans cette phrase considérant, c’est pas moi qui le dis, que le terme demande un niveau de langue soutenu. Le vit est soutenu, soit. Qu’on se le dise, notre langue est voluptueuse, la verve appelle la verge, mais moi j’en ai marre, je suis (ça et) las.

Oui las, t’as bien compris, parce que tu comprendras que je suis un homme du monde moi (c’est par ici), et un homme du monde, eh ben, ça parle pas que de nanas. Enfin, tu vois ce que je veux dire, j’ai probablement des trucs signifiants à dire, des trucs à te signifier. Signifiant, signifié, je trouverai bien chaussure à mon pied et moins de références à deux balles à d’obscurs linguistes. Faut s’affirmer, dis-je.

Allez, je t’embrasse.

3 commentaires mercredi 24 septembre 2008

Ma chère,

Oui, oui, je sais, je suis un obligé bien négligent. Mais je suis là maintenant. Enfin, je suis ici à vrai dire, mais ici c'est aussi là, question de point de vue hein. C'est pas tant que je sois si occupé, mais assez pour pas être préoccupé, c'est déjà ça de pris moi je dis. M'enfin, je mens un peu, je fais du rêve éveillé et c'est tout de même de la préoccupation, celle qui précède l'occupation, qui précède le let's get down to business. Reste que c'est pas de la préoccupation anxiogène, mais érogène, en attendant la postoccupation qui, elle, gêne.

Le monde bouge, y'a une élection qui vient, le temps qui va et une érection, quelque part (mais on sait où, hein), qui va et vient, et y'a moi qui attend un miracle.

Heureusement qu'il y a le Scientific American pour m'instruire et me rassurer :

We can employ a similar back-of-the-enveloppe calculation to explain death premonition dreams. The average person has about five dreams a night, or 1,825 dreams a year. If we remember only a tenth of our dreams, then we recall 182.5 dreams a year. There are 300 millions Americans, who thus produce 54.7 billion remembered dreams a year. Sociologists tell us that each of us knows about 150 people fairly well, thus producing a social-network grid of 45 billion personal relationship connections. With an annual death rate of 2.4 million Americans, it is inevitable that some of these 54.7 billion remembered dreams will be about some of these 2.4 million deaths among the 300 million Americans and their 45 billion relationship connections. In fact, it would be a miracle if some death premonition dreams did not happen to come true! (Shermer, Michael, « Folk Numeracy and Middle Land. Why our brains do not intuitevely grasp probabilities, Part 1 », Scientific American, vol. 299, numéro 3, septembre 2008. p. 40.)

Traduction : si on remplace death par erotic, c'est statistiquement probable qu'on fasse tous des cochonneries un jour.

Allez, je t'embrasse.

2 commentaires jeudi 14 août 2008

Ma chère,


Me voilà de retour dans ma nature asphaltée, revigoré par la voracité des moustiques qui m'ont fait comprendre le destin du saucisson. J'ai depuis l'empathie du saucisson, c'est dire comment les vacances changent les hommes.

Parlant moustiques, j'ai eu l'occasion d'être entouré d'une nuée d'enfants pendant les vacances. Je ne voudrais pas tomber dans le cliché (mais je le ferai quand même, c'est rhétorique tout ça), mais les enfants, y'a rien de mieux pour vous redonner espoir en l'humanité et des envies de meurtre (c'est parfaitement compatible), rien de mieux pour se rappeler que nous sommes tous et toutes des petits bouts d'hommes et de femmes qui, en vieillissant, pensent petit, y'a rien de mieux pour se permettre d'allonger la phrase à une époque où il faut avoir le verbe court et l'arrière-pensée longue. « Maman, dans ton temps, est-ce que ça existait la mode? » C'est une excellente question petite nana. Voilà qui remet les choses en perspective autour d'un bol de céréales au chocolat.

Eh bien bref, hein, j'veux des bébés.

Allez, je t'embrasse.

0 commentaires vendredi 8 août 2008

Ma chère,


Voilà, c'est prouvé, les rongeurs des contrées sauvages près des autoroutes aiment les biscuits Lu (les miens, surtout) et sont prêts à toutes les bassesses pour me dérober les deux seuls qui me restaient et que j'ai eu la maladresse de laisser dans un boîte ouverte que je croyais hermétique à tous les rongeurs, exceptés ceux du parc Lafontaine.

Tu comprendras que des animaux qui mangent des Lu, c'est signe de réchauffement planétaire moi je dis.

Non mais, des Lu quant même. Ils ont des goûts de luxe. Et qu'est-ce que je bouffe pour souper hein?

Allez, je t'embrasse.

0 commentaires jeudi 7 août 2008

Ma chère,


Tu m'excuseras de t'avoir faussé compagnie ces derniers jours, il n'y a toujours pas eu de flotte. C'est pas que tu sers uniquement à meubler les jours de pluie hein, mais tu comprendras que je suis en vacances. En fait, tu meubles les jours d'ennui, et la pluie c'est pas l'ennui, sinon on tombe dans le sophisme. Tu me diras peut-être qu'il ne vaut guère mieux meubler les jours d'ennui.

Eh bien, t'as raison.

Allez, je t'embrasse.

0 commentaires lundi 4 août 2008

Ma chère,


La flotte ne nous aura épargnés que le temps d'une soirée, le temps d'un feu de camp où j'ai pu recevoir suffisamment de fumée pour sentir le pompier le matin. Un pompier sans uniforme qui pue de la gueule, ça tombe à plat je dois dire.

À tout le moins (le moins, surtout), je ne t'écris pas depuis la voiture ce matin, mais bien sous une bâche que j'ai réussi à installer assez près de la table pour l'avoir en pleine gueule. C'est très exotique, ça fait abri de fortune avec l'infortune d'avoir l'air con, tu t'y plairais j'en suis sûr, mais pour mes aptitudes à la nature sauvage, on repassera (demain ou jamais je l'espère).

Je te reviens plus tard, j'ai réussi à me faire un café sauvage au propane.

(16 h 50)

Tu n'y croirais pas, je dois mener une bonne vie, un voisin m'a prêté un abri de grande fortune. C'est bien hein, parce que j'ai l'air moins con.

Mais bon, fait chier, il n'y a pas eu de flotte depuis. D'aucuns diront qu'il s'agit d'un parfait exemple de la loi de Murphy (où est la pluie quand on est à l'abri hein?). Reste que je le connais pas ce type, et je refuse d'être assujetti (joli, le mot) à un mec que je connais pas et qu'on cite à tous vents sans qu'il l'ait jamais demandé.

Je te réécris bientôt, je relis Madame Bovary pour me rappeler pourquoi on s'ennuie à la campagne.

Allez, je t'embrasse.

0 commentaires dimanche 3 août 2008

Ma chère,


Tu recevras plusieurs des lettres qui vont suivre dans le même lot, mais comme je suis malin, je les daterai pas du même jour et tu n'y verras que du feu, ce qui est extra, parce qu'ici c'est la flotte. 

Tu te doutes bien que j'ai quitté mon secrétaire habituel (le meuble, je tiens à le préciser) pour m'exiler dans des contrées sauvages avec douches chaudes, nanas pas dans les mêmes douches et SAQ à proximité, question de retrouver un peu de ma nature mâle et de l'harmoniser un tant soit peu (peu, surtout) avec ma nature pâle de citadin. J'ai beau me dire que j'ai trouvé l'équilibre entre les quatre éléments ici, mais reste que c'est la flotte, et la flotte en camping c'est les chiottes et je m'emmerderai pas à écrire sous la pluie si tôt le matin. Autant t'écrire à l'abri des animaux sauvages Lierre Lapointe dans les oreilles, c'est de circonstance.

Allez, je t'embrasse.

3 commentaires lundi 21 juillet 2008

Ma chère,

Je discutais comme ça avec un ami et sa nana, y’a pas longtemps, autour d’une pizza de chez Jacques-Cartier Pizza parce que tout le monde sait à Longueuil que c’est là qu’on prépare la meilleure. Et là, va savoir pourquoi (c’est par là, ou bien par là tiens), j’ai demandé audit ami si j’étais le seul à sentir l’obligation de me justifier chaque fois que je confiais à quelqu’un mon lieu de résidence. Devant la mine débinée de mon interlocuteur et, pire, de mon interlocutrice, j’ai l’irrépressible envie, pour combler mon irrépressible envie, de tomber dans le je demeure à Longueuil, oui mademoiselle, mais dans le Vieux-Longueuil hein, le reste c’est laid. Et là mon ami et sa nana de renchérir, nous demeurons à Longueuil, oui monsieur, mais dans les nouveaux développements, près du golf ou un truc du genre.

D’aucuns diront que nous assumons mal nos choix. Que nenni. Demeurer à Longueuil, c’est la meilleure façon d’apprendre à rire de soi et à écrire orgueil sans se tromper.

On a beau s’épanouir, on reste incompris. Et je suis un résistant.

Allez, je t’embrasse

5 commentaires vendredi 11 juillet 2008

Ma chère,


Y'a pas de nanas à Laval.

Allez, je t'embrasse.

4 commentaires dimanche 6 juillet 2008

Ma chère,

Alors voilà, c’est fait ton bien-aimé serf vicieux quitte les riches pâturages pastoraux du centre-ville, où il aimait bien lâcher du lest en zieutant (et en tâtant, avec un peu de chance) de la fesse pendant ses pauses, heureux à l’idée de hâter la laisse en considérant la messe. Je regardais les nanas quoi, et à cet égard, j’ai été gâté sans m’égarer dans le lèche-cyprine, j’ai un peu de classe quand même parfois.




Je quitte donc mon bureau d’où je pouvais m’imaginer maître du monde et faire des photos à chier. Je commence dès demain à explorer de nouveaux horizons bitumineux où se terrent les nanas et, accessoirement, quelques traductrices : Laval.

Si c’est pas du courage, ça.

Allez, je t’embrasse.

0 commentaires dimanche 29 juin 2008

Ma chère,


Tu sais qu'il est parfois malaisé de donner de ses nouvelles. Il m'arrive régulièrement de croire que je t'écris des âneries non pas pour te faire rire, mais pour m'éviter un alanguissement malsain. L'ineptie, l'absurde a l'avantage de vider le réel de sa substantifique poubelle : sa signification.

Mon rire est mon pied-de-nez au tangible.

Allez, je t'embrasse.

3 commentaires lundi 16 juin 2008

Ma chère,
Ton humble serf vicieux s’est fait bien silencieux ces derniers temps mais t’inquiète, y’a que du bon pour moi dans les prochaines semaines. Tu m’as manqué, même si c’est moi qui t’ai manqué. Enfin bon, ça l’air prétentieux comme ça mais il n’en est rien, je sais pas ce que tu ressens, mais bon, j’ai manqué à mes obligations, donc je t’ai manqué, voilà.

Tu sais que j’ai toujours un regard scientifique à l’égard des nanas, et anthropologique en période de floraison je dois dire, et il m’est arrivé dernièrement, au détour d’une courbe, de me poser la question suivante : pourquoi les nanas ont deux nichons? Tu me diras qu’il ne s’agit pas d’une question à poser, mais tu me connais, c’est seulement pour l’avancement de la science.

Lorsqu’on parle d’évolution, on fait souvent l’erreur de dire que l’homme descend du singe. Ce n’est pas tout à fait vrai, l’homme et le singe ont un ancêtre commun, la nuance est importante. En ce sens, l’évolution n’est pas nécessairement synonyme de progrès. La nature fonctionne par essais et erreurs, et seules les évolutions suffisamment bien adaptées au milieu demeurent.

Alors voilà, si la femme a toujours deux seins après tout ce temps, il doit bien y avoir une bonne raison hein.

L’humanité s’est un jour mise à marcher debout et marche toujours debout. Le mâle a deux mains libres depuis.

Alors tu comprendras que mes deux mains sont suffisamment bien adaptées au milieu.

Allez, je t’embrasse.

3 commentaires lundi 12 mai 2008

Ma chère,

Voilà, je veux pas te faire de peine, mais je crois avoir trouvé ze nana, la nana d’entre les nanas. Bon hein, je lui ai pas encore parlé et elle ne soupçonne probablement pas mon existence, mais c’est secondaire tout ça, c’est déjà dans la poche, je dis.

Tu savais peut-être pas, mais j’ai découvert dernièrement cette émission de radio Web (familièrement nommé baladodiffusion par l’OLF et podcast par la masse, Dieu ait mon âme d’avoir utilisé ce mot, je recommencerai plus promis, y’a tout de même des limites à créer des mots à partir de rien du tout) nommée The Skeptics’ Guide to the Universe. C’est vachement intéressant, souvent drôle et irrévérencieux et ça met de bonne humeur quand je dois passer mon chat à l’aspirateur. Ce que ça peut faire du bien de voir des gens traiter intelligemment de gros cons les ignorants et les tenants et aboutissants nulle part du Nouvel Âge!

Eh bien dans l’équipe, y’a une nana qui, ma foi je le répète, est ze nana roulée d’entre les roulées. Bon évidemment, j’oserais pas te dire que des poses comme ça me donnent des envies de rigueur scientifique et de précision chirurgicale, j’suis gentleman quand même. Mais épanoui. T’imagines la joie d’une nana qui te fait pas chier avec l’astrologie ou le Secret et qui voit dans le tantra non pas une quête spirituelle, mais une façon d’allonger la partie de fesses? Moi je dis que je veux lui causer évolution et mécanique des fluides. J’suis même prêt à lire des bouquins pour ça.

Allez, je t’embrasse (et m’empresse d’écrire à Rebecca).

3 commentaires lundi 5 mai 2008



Ma chère,

Tu sais que j’ai l’esprit agité et l’écrit habité, c’est pas pour rien que je me pose une foule de question essentielles. Ça tombe bien, la langue est le lieu de toutes les explorations.

Alors voilà, j’étais là à glander entre deux gorgées d’un café infect mais gratuit, à débiter les insanités habituelles à des personnes prétendument bien élevées. Ce qu’il y a de bien avec les gens d’esprit, c’est qu’ils sont particulièrement grossiers, et voilà pourquoi il ne faut jamais mêler le grossier du vulgaire. Et bon, en racontant mes dernières aventures, j’en suis arrivé à penser qu’il y avait quelque chose de foncièrement déréglé dans la langue pour dire qu’on pouvait avoir une semaine de cul sans cul. Mais dans la même veine, les semaines avec cul sont aussi semaines de cul. Une semaine de cul sans cul n’est qu’une semaine tout court, après tout.

Là je te jure, j’étais bien embêté. J’suis un mec conséquent tu sais, il faut que la parole corresponde à l’action, et maintenant je pourrai plus dire que j’ai eu une semaine de cul sans avoir le sentiment de confondre mon interlocuteur, d’être un imposteur quoi. J’étais dans un cul-de-sac, cul par dessus tête, le cul entre deux chaises devant la confusion, mais passablement confiant d’avoir un lectorat plus important bientôt.

Alors voilà hein, mon problème de langagier, c’est que j’ai le cul polysémique. Le cul est dans le cul, pas pour rien qu’il domine le monde.

Je vois mal comment je pourrais m’en tirer qu’en précisant le cul, que j’ai eu une semaine de cul parce que sans cul, par exemple, et un semaine de cul mais pas parce que sans cul et ainsi de suite. J’imagine que j’aurai à varier mon vocabulaire et à ne plus jamais écrire des trucs pareils.

Allez, je t’embrasse (et me terre).

3 commentaires lundi 21 avril 2008

Ma chère,

Y’a sûrement une question qui te turlupine, j’en suis convaincu : qu’adviendra-t-il de toi lorsque j’aurai trouvé ze nana hein? Tu crois que je t’écrirai plus? Bien sûr que je t’écrirai, tu resteras toujours ma raison d’être lorsque l’amour sera ma déraison d’être! Au demeurant, c’est l’avantage de ne dire que des âneries, on peut continuer de discourir sans se soucier du manque de contenu. Le rien n’a l’air de rien, mais c’est très pratique en société.

Allez, je t’embrasse.

5 commentaires

Ma chère,

Voilà, j’avais prévu faire mon ménage de printemps, mais tu me connais hein, le temps magnifique m’a poussé à zieuter le ménage des vêtements. J’ai même vu une épaule! Dans mon bled, t’imagines! C’est dire comment les nanas sentaient le besoin de me plaire. Là je te connais, tu me diras que je suis un gros con qui prend ses rêves pour des réalités, mais eh, oh! t’admettras tout de même que c’est vachement mieux que les fois où je prends mes réalités pour des rêves. Si tu comprends pas, c’est pas grave, tu sais comme moi que les formulations alambiquées ont toujours l’air vraies.

C’est vrai quoi, quand quelqu’un te raconte des trucs et que tu y comprends strictement rien, le truc, c’est d’acquiescer et répondre : « C’est vachement intéressant ce que tu dis. » Comme ça hein, je te jure, t’auras pas besoin d’ajouter quoi que ce soit, ton interlocuteur va subito presto continuer de discourir et t’éviter l’humiliation d’avoir à dire quelque chose de sensé.

C’est pourquoi tu vois, en société, j’aime mieux qu’on me traite de gros con, comme ça je suis certain qu’ils ont compris ce que je viens de dire.

Mais voilà, je digresse là, mais je suis comme ça hein, tu le sais, j’ai de la suite dans les idées, mais une suite discontinue comme me disait cette nana d’enfer pour qui j’avais des idées dans une suite. Et puis oui, t’as deviné, elle a pas donné suite à mes idées. Je n’ai conservé que les idées, c’est mieux que rien.

J’ai vu une épaule donc. Une épaule ne fait pas le printemps, bien sûr, mais ce qu’il y a de bien avec les nanas, c’est qu’elles ont deux épaules. Si, si.

Allez, je t’embrasse.

3 commentaires lundi 31 mars 2008




Ma chère,

Ce qu’il y a de bien avec toi, c’est que je peux dire des insanités à l’abri du regard réprobateur de la nanapopulace. C’est vrai quoi, faut toujours faire attention à ce qu’on dit, pas moyen de dire des grossièretés si on veut engrosser. Et comme toi tu engraisserais juste pour éviter que je t’engrosse, c’est dire à quel point je suis libre de te dire ce que je veux.

Mais bon, faut pas se le cacher, y’a des nanas qui aiment ça les vulgarités, tu le sais bien, mais faut qu’elles tombent à point si le mec veut pas tomber à plat.

Alors voilà hein, je sais pas ce t’en penses, mais je dis que des mecs s’endettent pour se mettre. Dis-le pas aux autres nanas, y’a des vérités que ne sont bonnes à dire qu’à toi, et mon cas est suffisamment grave comme ça, faudrait pas en rajouter. Bon, évidemment, je suis pas certain de mon aphorisme, ça sonne pas assez juste, il y a quelque chose qui doit clocher. Ce serait plus gai de dire certains mecs se mettent pour se mettre, c’est une fin en soi, et y’a pas de mal à ça hein, chacun son truc. Y’a pas des nanas objet pour rien hein, la fin justifie les moyens du mec moyen qui a faim. Reste que que je sais pas trop si les mecs qui se mettent pour se mettre s’endettent. Enfin, tout au plus, ça sonne vachement bien et ça glisse plutôt bien dans les conversations avinées. Effet garanti.

Allez, je t’embrasse.

4 commentaires mercredi 26 mars 2008

Ma chère,

Prenons un objet inanimé quelconque.

Mon chat par exemple :




Bon évidemment, tu me diras que j’ai réussi à saisir l’essence de la nature morte, mais là n’est pas mon propos. C’est que ce chat, il exprime plutôt bien l’état dans lequel je me trouve à la fin de cet hiver interminable. Sur tous les plans hein, et avec les nanas, je te dis pas! C’est passager, t’as pas de souci à te faire, au printemps y’aura sûrement une passagère, une cavalière, une passagère cavalière ou encore une cavalière passagère, les possibilités sont infinies (la singulière cavalière primesautière a la cote, évidemment). Évidemment, il faut que je discerne entre les nanas qui m’intéressent au sens strict et les nanas qui ne m’intéressent qu’au sens trique, et c’est pas de la tarte au printemps, crois-moi! Tu sais sûrement pas comment m’aider, mais bon, si jamais c’est le cas, ne te gêne pas! Je reste au garde-à-vous.

En attendant, y’a toi, ma muse à qui je peux débiter sans souci des âneries, tu peux pas savoir ce qu’une âme qui ânonne comme la mienne ferait sans toi. T’es ouverte à l’inanité des inanimés, c’est pas rien. Et bien que L’inanité des inanimés ferait un titre de roman vachement révolutionnaire (y’a pas tant d’auteurs qui ont l’originalité d’aligner dans un titre deux mots qui se suivent dans le dictionnaire), t’en as rien à foutre. Je te dis ça comme ça hein, je m’épanouis.

Allez, je t’embrasse.

0 commentaires mercredi 12 mars 2008

Ma chère,

Dimanche matin, j’ai pleuré.

C’était la première fois depuis que Kate Beckinsale avait refusé de m’envoyer des photos rondeurs exclusives, c’est dire mon désarroi. Les mecs ça devrait pas pleurer, c’est chiant.

Tu me croiras pas hein, mais c’est un préfixe qui m’a vanné et ouvert les vannes. J’ai un secret à te dire : il peut bien neiger, mais dé-neiger, ça n’existe pas. Le seul déneigement possible, c’est la fonte des neiges, pour sûr, je suis logique.

Si dé- est censé indiquer l’éloignement, on nous a trompés. Quand la jolie nana de voisine te demande de l’aider à déneiger son entrée, elle te demande en fait d’enneiger son chiant de voisin, ça peut être subtil et perfide à la fois les nanas des fois.

J’ai dû faire mon deuil du dé-, et j’ai sombré dans le mésespoir.

T’auras une pensée pour moi, dis?

Allez, je t’embrasse.

8 commentaires jeudi 6 mars 2008

Ma chère,

C’est pas possible les conseils qu’on donne aux mecs pour attirer les nanas dans leur vie et, avec un peu de chance, sur leur vit. Des trucs débiles tu vois : avoir une passion, de la confiance en soi, savoir oser et ne pas acheter ses vêtements avec l’aide de maman, par exemple. Ces trucs sont accessoires moi je dis. Pour preuve, si ne pas se présenter à un rendez-vous n’est pas prendre un risque, je me demande bien ce que c’est, je te le demande. La nana, elle va se souvenir de toi c’est sûr, et par conséquent t’as déjà la moitié du chemin de fait.

C’est accessoire, je dis, parce qu’on ne s’attaque pas à la source des insuccès de la plupart des mecs, et j’ai nommé les grands bruns. C’est vrai quoi, les nanas elle ne rêvent que de ça, les grands bruns. S’ils sont ténébreux en plus, alors là t’as qu’à hisser le drapeau blanc. Elles comprennent pas que le truc des ténébreux, c’est de n’avoir rien à dire, comme ça t’as l’air vachement profond. Le vide, c’est profond tu vois, et pendant que la nana cherche à percer le mystère, eh bien le mec lui sonde les profondeurs. Moi les grands bruns je connais leur jeu, et on ne me la fait pas.

Alors là hein, il suffit de se débarrasser des grands bruns et hop, on entrera dans l’air de la fornication répartie.

T’aurais pas un plan, par hasard?

Allez, je t’embrasse.

0 commentaires lundi 3 mars 2008

Ma chère,

Des mois sans te donner de mes nouvelles, sans que tu puisses apprécier mon génie, tu imagines? Bon évidemment, c’est pas comme si t’en avais demandé, de mes nouvelles, mais je t’en tiendrai pas rigueur, t’es discrète et tout, mais je sais bien que je te manques, c’est un pressentiment, l’intuition masculine, tu vois.

Enfin bref, je suis pas très chaud à l’idée de t’expliquer mon silence, c’est pas nécessairement mon truc les préliminaires. C’est pas non plus que je tienne à entrer tout de suite dans le vif de ma sujétion, mais y’a des nanas comme ça, elles veulent illico passer au liminaire. Bon, ça m’arrange parfois, parce que les prépréliminaires sont parfois d’un ennui que les consommations ne sauraient estomper. Alors si elles veulent directement consommer, j’en suis bien aise, on pourra passer plus vite aux postliminaires : deux croissants, fromage à la crème, café noir s’il te plaît on m’attend au bureau, je te téléphone, tu t’appelles comment déjà? Mais tu comprendras que le postpostliminaire est un concept un peu abstrait, et pas seulement étymologiquement parlant.

Cela dit, parlant de consommer, à notre époque où l’environnement prime, les nanas ça peut être écologique.

Non pas qu’il faille recycler et réutiliser les nanas, ça non, mais recycler et réutiliser
ze nana. Ça l’air un peu con dit comme ça, je sais bien, mais t’as pensé que c’est en recyclant et en réutilisant ze nana qu’on peut se reproduire? La reproduction c’est aussi écologique moi je dis. Les 3 R quoi.

Bon évidemment le problème, c’est qu’il y a qu’une monogamme de nanas monogames de nos jours. Si, si, je te jure, toutes du même moule et la plupart sont moches. Bon, c’est pas que je déclinerais des propositions de nuits stéréogames, c’est prévisible un mec quand même et n’oublie pas que j’ai pas dis bigame. Et tu me diras peut-être que je suis moche aussi, traducteur en plus, mais je suis auteur quand même, et c’est dans la poche moi je dis. Si tu connais de ces nanas monagames hors monogamme, tu me le dis hein, c’est pour la Terre que je fais ça.

Allez, je t’embrasse.