2 commentaires jeudi 14 août 2008

Ma chère,


Me voilà de retour dans ma nature asphaltée, revigoré par la voracité des moustiques qui m'ont fait comprendre le destin du saucisson. J'ai depuis l'empathie du saucisson, c'est dire comment les vacances changent les hommes.

Parlant moustiques, j'ai eu l'occasion d'être entouré d'une nuée d'enfants pendant les vacances. Je ne voudrais pas tomber dans le cliché (mais je le ferai quand même, c'est rhétorique tout ça), mais les enfants, y'a rien de mieux pour vous redonner espoir en l'humanité et des envies de meurtre (c'est parfaitement compatible), rien de mieux pour se rappeler que nous sommes tous et toutes des petits bouts d'hommes et de femmes qui, en vieillissant, pensent petit, y'a rien de mieux pour se permettre d'allonger la phrase à une époque où il faut avoir le verbe court et l'arrière-pensée longue. « Maman, dans ton temps, est-ce que ça existait la mode? » C'est une excellente question petite nana. Voilà qui remet les choses en perspective autour d'un bol de céréales au chocolat.

Eh bien bref, hein, j'veux des bébés.

Allez, je t'embrasse.

0 commentaires vendredi 8 août 2008

Ma chère,


Voilà, c'est prouvé, les rongeurs des contrées sauvages près des autoroutes aiment les biscuits Lu (les miens, surtout) et sont prêts à toutes les bassesses pour me dérober les deux seuls qui me restaient et que j'ai eu la maladresse de laisser dans un boîte ouverte que je croyais hermétique à tous les rongeurs, exceptés ceux du parc Lafontaine.

Tu comprendras que des animaux qui mangent des Lu, c'est signe de réchauffement planétaire moi je dis.

Non mais, des Lu quant même. Ils ont des goûts de luxe. Et qu'est-ce que je bouffe pour souper hein?

Allez, je t'embrasse.

0 commentaires jeudi 7 août 2008

Ma chère,


Tu m'excuseras de t'avoir faussé compagnie ces derniers jours, il n'y a toujours pas eu de flotte. C'est pas que tu sers uniquement à meubler les jours de pluie hein, mais tu comprendras que je suis en vacances. En fait, tu meubles les jours d'ennui, et la pluie c'est pas l'ennui, sinon on tombe dans le sophisme. Tu me diras peut-être qu'il ne vaut guère mieux meubler les jours d'ennui.

Eh bien, t'as raison.

Allez, je t'embrasse.

0 commentaires lundi 4 août 2008

Ma chère,


La flotte ne nous aura épargnés que le temps d'une soirée, le temps d'un feu de camp où j'ai pu recevoir suffisamment de fumée pour sentir le pompier le matin. Un pompier sans uniforme qui pue de la gueule, ça tombe à plat je dois dire.

À tout le moins (le moins, surtout), je ne t'écris pas depuis la voiture ce matin, mais bien sous une bâche que j'ai réussi à installer assez près de la table pour l'avoir en pleine gueule. C'est très exotique, ça fait abri de fortune avec l'infortune d'avoir l'air con, tu t'y plairais j'en suis sûr, mais pour mes aptitudes à la nature sauvage, on repassera (demain ou jamais je l'espère).

Je te reviens plus tard, j'ai réussi à me faire un café sauvage au propane.

(16 h 50)

Tu n'y croirais pas, je dois mener une bonne vie, un voisin m'a prêté un abri de grande fortune. C'est bien hein, parce que j'ai l'air moins con.

Mais bon, fait chier, il n'y a pas eu de flotte depuis. D'aucuns diront qu'il s'agit d'un parfait exemple de la loi de Murphy (où est la pluie quand on est à l'abri hein?). Reste que je le connais pas ce type, et je refuse d'être assujetti (joli, le mot) à un mec que je connais pas et qu'on cite à tous vents sans qu'il l'ait jamais demandé.

Je te réécris bientôt, je relis Madame Bovary pour me rappeler pourquoi on s'ennuie à la campagne.

Allez, je t'embrasse.

0 commentaires dimanche 3 août 2008

Ma chère,


Tu recevras plusieurs des lettres qui vont suivre dans le même lot, mais comme je suis malin, je les daterai pas du même jour et tu n'y verras que du feu, ce qui est extra, parce qu'ici c'est la flotte. 

Tu te doutes bien que j'ai quitté mon secrétaire habituel (le meuble, je tiens à le préciser) pour m'exiler dans des contrées sauvages avec douches chaudes, nanas pas dans les mêmes douches et SAQ à proximité, question de retrouver un peu de ma nature mâle et de l'harmoniser un tant soit peu (peu, surtout) avec ma nature pâle de citadin. J'ai beau me dire que j'ai trouvé l'équilibre entre les quatre éléments ici, mais reste que c'est la flotte, et la flotte en camping c'est les chiottes et je m'emmerderai pas à écrire sous la pluie si tôt le matin. Autant t'écrire à l'abri des animaux sauvages Lierre Lapointe dans les oreilles, c'est de circonstance.

Allez, je t'embrasse.