0 commentaires lundi 4 août 2008

Ma chère,


La flotte ne nous aura épargnés que le temps d'une soirée, le temps d'un feu de camp où j'ai pu recevoir suffisamment de fumée pour sentir le pompier le matin. Un pompier sans uniforme qui pue de la gueule, ça tombe à plat je dois dire.

À tout le moins (le moins, surtout), je ne t'écris pas depuis la voiture ce matin, mais bien sous une bâche que j'ai réussi à installer assez près de la table pour l'avoir en pleine gueule. C'est très exotique, ça fait abri de fortune avec l'infortune d'avoir l'air con, tu t'y plairais j'en suis sûr, mais pour mes aptitudes à la nature sauvage, on repassera (demain ou jamais je l'espère).

Je te reviens plus tard, j'ai réussi à me faire un café sauvage au propane.

(16 h 50)

Tu n'y croirais pas, je dois mener une bonne vie, un voisin m'a prêté un abri de grande fortune. C'est bien hein, parce que j'ai l'air moins con.

Mais bon, fait chier, il n'y a pas eu de flotte depuis. D'aucuns diront qu'il s'agit d'un parfait exemple de la loi de Murphy (où est la pluie quand on est à l'abri hein?). Reste que je le connais pas ce type, et je refuse d'être assujetti (joli, le mot) à un mec que je connais pas et qu'on cite à tous vents sans qu'il l'ait jamais demandé.

Je te réécris bientôt, je relis Madame Bovary pour me rappeler pourquoi on s'ennuie à la campagne.

Allez, je t'embrasse.

0 commentaires dimanche 3 août 2008

Ma chère,


Tu recevras plusieurs des lettres qui vont suivre dans le même lot, mais comme je suis malin, je les daterai pas du même jour et tu n'y verras que du feu, ce qui est extra, parce qu'ici c'est la flotte. 

Tu te doutes bien que j'ai quitté mon secrétaire habituel (le meuble, je tiens à le préciser) pour m'exiler dans des contrées sauvages avec douches chaudes, nanas pas dans les mêmes douches et SAQ à proximité, question de retrouver un peu de ma nature mâle et de l'harmoniser un tant soit peu (peu, surtout) avec ma nature pâle de citadin. J'ai beau me dire que j'ai trouvé l'équilibre entre les quatre éléments ici, mais reste que c'est la flotte, et la flotte en camping c'est les chiottes et je m'emmerderai pas à écrire sous la pluie si tôt le matin. Autant t'écrire à l'abri des animaux sauvages Lierre Lapointe dans les oreilles, c'est de circonstance.

Allez, je t'embrasse.

3 commentaires lundi 21 juillet 2008

Ma chère,

Je discutais comme ça avec un ami et sa nana, y’a pas longtemps, autour d’une pizza de chez Jacques-Cartier Pizza parce que tout le monde sait à Longueuil que c’est là qu’on prépare la meilleure. Et là, va savoir pourquoi (c’est par là, ou bien par là tiens), j’ai demandé audit ami si j’étais le seul à sentir l’obligation de me justifier chaque fois que je confiais à quelqu’un mon lieu de résidence. Devant la mine débinée de mon interlocuteur et, pire, de mon interlocutrice, j’ai l’irrépressible envie, pour combler mon irrépressible envie, de tomber dans le je demeure à Longueuil, oui mademoiselle, mais dans le Vieux-Longueuil hein, le reste c’est laid. Et là mon ami et sa nana de renchérir, nous demeurons à Longueuil, oui monsieur, mais dans les nouveaux développements, près du golf ou un truc du genre.

D’aucuns diront que nous assumons mal nos choix. Que nenni. Demeurer à Longueuil, c’est la meilleure façon d’apprendre à rire de soi et à écrire orgueil sans se tromper.

On a beau s’épanouir, on reste incompris. Et je suis un résistant.

Allez, je t’embrasse

5 commentaires vendredi 11 juillet 2008

Ma chère,


Y'a pas de nanas à Laval.

Allez, je t'embrasse.

4 commentaires dimanche 6 juillet 2008

Ma chère,

Alors voilà, c’est fait ton bien-aimé serf vicieux quitte les riches pâturages pastoraux du centre-ville, où il aimait bien lâcher du lest en zieutant (et en tâtant, avec un peu de chance) de la fesse pendant ses pauses, heureux à l’idée de hâter la laisse en considérant la messe. Je regardais les nanas quoi, et à cet égard, j’ai été gâté sans m’égarer dans le lèche-cyprine, j’ai un peu de classe quand même parfois.




Je quitte donc mon bureau d’où je pouvais m’imaginer maître du monde et faire des photos à chier. Je commence dès demain à explorer de nouveaux horizons bitumineux où se terrent les nanas et, accessoirement, quelques traductrices : Laval.

Si c’est pas du courage, ça.

Allez, je t’embrasse.

0 commentaires dimanche 29 juin 2008

Ma chère,


Tu sais qu'il est parfois malaisé de donner de ses nouvelles. Il m'arrive régulièrement de croire que je t'écris des âneries non pas pour te faire rire, mais pour m'éviter un alanguissement malsain. L'ineptie, l'absurde a l'avantage de vider le réel de sa substantifique poubelle : sa signification.

Mon rire est mon pied-de-nez au tangible.

Allez, je t'embrasse.

3 commentaires lundi 16 juin 2008

Ma chère,
Ton humble serf vicieux s’est fait bien silencieux ces derniers temps mais t’inquiète, y’a que du bon pour moi dans les prochaines semaines. Tu m’as manqué, même si c’est moi qui t’ai manqué. Enfin bon, ça l’air prétentieux comme ça mais il n’en est rien, je sais pas ce que tu ressens, mais bon, j’ai manqué à mes obligations, donc je t’ai manqué, voilà.

Tu sais que j’ai toujours un regard scientifique à l’égard des nanas, et anthropologique en période de floraison je dois dire, et il m’est arrivé dernièrement, au détour d’une courbe, de me poser la question suivante : pourquoi les nanas ont deux nichons? Tu me diras qu’il ne s’agit pas d’une question à poser, mais tu me connais, c’est seulement pour l’avancement de la science.

Lorsqu’on parle d’évolution, on fait souvent l’erreur de dire que l’homme descend du singe. Ce n’est pas tout à fait vrai, l’homme et le singe ont un ancêtre commun, la nuance est importante. En ce sens, l’évolution n’est pas nécessairement synonyme de progrès. La nature fonctionne par essais et erreurs, et seules les évolutions suffisamment bien adaptées au milieu demeurent.

Alors voilà, si la femme a toujours deux seins après tout ce temps, il doit bien y avoir une bonne raison hein.

L’humanité s’est un jour mise à marcher debout et marche toujours debout. Le mâle a deux mains libres depuis.

Alors tu comprendras que mes deux mains sont suffisamment bien adaptées au milieu.

Allez, je t’embrasse.